lundi 12 décembre 2011

Un Avent en temps de crise

"Un Avent en temps de crise"

Le temps de l’Avent, dans la liturgie chrétienne, nous fait revivre le désir du Sauveur, du Libérateur, de l’Envoyé du Seigneur. Sauveur, Libérateur, Envoyé du Seigneur, voici trois mots qui reflètent des épreuves différentes et des attentes diverses. On n’attend pas les mêmes choses selon les situations personnelles ou collectives qu’on traverse !

Un Avent en temps de crise. Comme l’Europe, notre pays est frappé par une crise économique, financière, sociale, politique. On peut même ajouter : morale. On voit bien qu’à l’origine des épreuves d’aujourd’hui se retrouvent de multiples comportements illégaux, immoraux, imprudents en divers domaines. Ce ne sont pas seulement des solutions techniques, des ajustements adaptés qui mettront fin à cette crise. Il y faudra des changements culturels profonds, des conversions de mentalités, des manières nouvelles de vivre.

Un Avent en temps de crise. Autour du bassin méditerranéen, des hommes, des femmes, des jeunes, des anciens se sont levés pour renverser des régimes politiques oppresseurs. Un vent de liberté a soufflé. Il leur faut reconstruire et ouvrir des chemins qui ne déçoivent pas les espoirs exprimés. Cela ne se fait pas sans appréhension. Et nous qui regardons ces événements, avec nos yeux d’occidentaux, nous sommes parfois atteints d’une certaine myopie culturelle qui peut nous faire craindre plus pour nous-mêmes qu’espérer pour eux.

Un Avent en temps de crise. Des chrétiens sont persécutés et ne peuvent pas vivre leur foi sereinement dans bien des pays. Ils souffrent et s’interrogent. Ici même en France, certains pensent voir des signes clairs d’une persécution larvée et sournoise contre laquelle il faudrait se lever. Nos communautés chrétiennes ont du mal à lire et à aimer ce qu’il nous est donné de vivre en tant que croyants, dans cette société fortement sécularisée.

Un Avent d’espérance. Durant ces semaines, la liturgie va nous inviter à veiller, à attendre, à observer, à désirer. Le Seigneur n’abandonne pas son peuple. Il vient et va nous sauver ! Vivons ce temps en purifiant nos désirs et nos attentes. Nous le savons : Dieu vient moins changer le monde que nous-mêmes. Il vient nous rendre visage humain. Il vient tisser des liens filiaux et fraternels pour qu’en se reconnaissant aimé de Dieu aucun homme ne puisse sombrer dans le désespoir ou la profondeur du non-sens et pour que les hommes, entre eux, bâtissent un monde pour tous, fraternel et solidaire. Oui, nous sommes faits pour Dieu et les uns pour les autres. Vivre pour Lui et pour les autres comble nos cœurs et fait naître en nous des comportements remplis d’espérance, de respect et de dignité. C’est le visage du Dieu fait enfant d’homme que nous contemplerons à Noël, faible dans son corps, puissant par l’amour qu’Il donne et suscite. Il est Emmanuel : Dieu avec nous. Il vient ensemencer le monde de sa force d’aimer qui permet de traverser toute crise. Veillez, espérez, partagez !

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

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