lundi 3 août 2020

17e jour du Secret de Marie

Entrer dans l'esprit de cette dévotion

Méditation :
 

J'ai dit ensuite que cette dévotion consistait à faire toutes choses avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie.

Ce n'est pas assez de s'être donné une fois à Marie, en qualité d'esclave;
ce n'est pas même assez de le faire tous les mois, et toutes les semaines: 
ce serait une dévotion toute passagère, et elle n'élèverait pas l'âme à la perfection où elle est capable de l'élever.

Il n'y a pas beaucoup de difficulté à s'enrôler dans une confrérie, 
à embrasser cette dévotion et à dire quelques prières vocales tous les jours, comme elle prescrit;
mais la grande difficulté est d'entrer dans l'esprit de cette dévotion qui est de rendre une âme intérieurement dépendante et esclave de la très Sainte Vierge et de Jésus par elle.

J'ai trouvé beaucoup de personnes, qui, avec une ardeur admirable, se sont mises sous leur saint esclavage, à l'extérieur; mais j'en ai bien rarement trouvé qui en aient pris l'esprit et encore moins qui y aient persévéré.

Agir avec Marie
La pratique essentielle de cette dévotion consiste à faire toutes ses actions avec Marie, c'est-à-dire à prendre la Sainte Vierge pour le modèle accompli de tout ce qu'on doit faire.

C'est pourquoi, avant d'entreprendre quelque chose, il faut renoncer à soi-même et à ses meilleures vues; 
il faut s'anéantir devant Dieu, comme de soi incapable de tout bien surnaturel et de toute action utile au salut;
il faut recourir à la très Sainte Vierge, et s'unir à elle et à ses intentions, quoique inconnues;
il faut s'unir par Marie aux intentions de Jésus-Christ, 
c'est-à-dire se mettre comme un instrument entre les mains de la très Sainte Vierge afin qu'elle agisse en nous, de nous et pour nous, 
comme bon lui semblera, à la plus [grande] gloire de son Fils, 
et par son Fils, Jésus, à la gloire du Père; 
en sorte qu'on ne prenne de vie intérieure et d'opération spirituelle que dépendamment d'elle...

Concrétisation dans notre vie:
 

A la maison, au travail, dans nos déplacements, nous mettre au service des autres comme Marie près d'Elisabeth. Le soir, offrir à Dieu par Marie, tous nos gestes de service accomplis dans la journée.
 
 

dimanche 2 août 2020

16e jour du Secret de Marie
Excellence de cette pratique (suite)
 

Méditation :
 

Quand il n'y aurait que ce seul motif pour m'exciter à cette dévotion, 
comme [étant] le moyen de me conserver et augmenter même 
dans la grâce de Dieu, je ne devrais respirer que 
feu et flammes pour elle.

Cette dévotion rend une âme vraiment libre de la liberté des enfants de Dieu.

Comme pour l'amour de Marie, on se réduit volontairement en l'esclavage, cette chère Maîtresse, 
par reconnaissance, élargit et dilate le cœur, 
et fait marcher à pas de géant dans la voie des commandements de Dieu.

Elle ôte l'ennui, la tristesse et le scrupule.

Ce fut cette dévotion que Notre-Seigneur apprit à la chère Agnès de Langeac, religieuse morte en odeur de sainteté, comme un moyen assuré pour sortir des grandes peines et perplexités où elle se trouvait: 
"Fais-toi, lui dit-il, esclave de ma Mère et prends la chaînette"; 
ce qu'elle fit; et dans le moment, toutes ses peines cessèrent.

Pour autoriser cette dévotion, il faudrait rapporter ici toutes les bulles et les indulgences des papes et les mandements des évêques en sa faveur, 
les confréries établies en son honneur, l'exemple de plusieurs saints et grands personnages qui l'ont pratiquée; 
mais je passe tout cela sous silence...
 
 
 

samedi 1 août 2020

15e jour du Secret de Marie

Excellence de cette pratique (suite)
 

Méditation :
 

Mon Dieu que tout ce que nous faisons est peu de chose!

Mais mettons-le dans les mains de Marie par cette dévotion.

Comme nous nous serons donnés tout à fait à elle, autant qu'on se peut donner, en nous dépouillant de tout en son honneur, elle nous sera infiniment plus libérale, elle nous donnera "pour un œuf un bœuf", 
elle se communiquera toute à nous avec ses mérites et ses vertus; 
elle mettra nos présents dans le plat d'or de sa charité; 
elle nous revêtira comme Rébecca fit Jacob, des beaux habits de son Fils aîné et unique Jésus- Christ, c'est-à-dire de ses mérites qu'elle a à sa disposition: et ainsi, comme ses domestiques et esclaves, 
après nous être dépouillés de tout pour l'honorer, 
nous aurons doubles vêtements : vêtements, ornements, parfums, mérites 
et vertus de Jésus et Marie dans l'âme d'un esclave de Jésus et Marie dépouillé de soi-même et fidèle en son dépouillement.

Se donner ainsi à la Sainte Vierge, c'est exercer dans le plus haut point 
qu'on peut la charité envers le prochain, 
puisque se faire volontairement son captif, 
c'est lui donner ce qu'on a de plus cher, 
afin qu'elle en puisse disposer à sa volonté en faveur 
des vivants et des morts.

C'est par cette dévotion qu'on met ses grâces, ses mérites et vertus en sûreté, en faisant Marie la dépositaire et lui disant:
 
[Quotes start]

"Tenez, ma chère Maîtresse, voilà ce que, par la grâce de votre Fils, 
j'ai fait de bien; je ne suis pas capable de le garder à cause de ma faiblesse et de mon inconstance, à cause du grand nombre 
et de la malice de mes ennemis qui m'attaquent jour et nuit. 
 
Hélas! si l'on voit tous les jours les cèdres du Liban tomber dans la boue,
et des aigles, s'élevant jusqu'au soleil, devenir des oiseaux de nuit; 
mille justes de même tombent à ma gauche et dix mille à ma droite, 
mais, ma puissante et très puissante Princesse, gardez tout mon bien, 
de peur qu'on ne me le vole, tenez-moi, de peur que je ne tombe; 
je vous confie en dépôt tout ce que j'ai. 
 
Je sais bien qui vous êtes, c'est pourquoi je me confie tout à vous; 
vous êtes fidèle à Dieu et aux hommes, et vous ne permettrez pas que rien ne périsse de ce que [je] vous confie; 
vous êtes puissante, et rien ne peut vous nuire, ni ravir ce que vous avez entre les mains."
 
(Saint Bernard, Inter flores, cap. 135.)
[Quotes end]
 
Et ailleurs : Ce sont les paroles de Saint Bernard qui expriment en substance tout ce que je viens de dire.
 

Chant Ô Sang et Eau
 

Prenons un instant pour méditer toutes ces choses dans notre cœur 
 
( Luc 2, 19)

Demain : Excellence de cette pratique (suite)



 
 
 
 
 

 

 

jeudi 23 juillet 2020

Bulle
Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape
Discours devant le Conseil de l’Europe, 08/05/1988 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Rendre toujours plus vivante et généreuse l'âme de l'Europe »
Si l'Europe veut être fidèle à elle-même, il faut qu'elle sache rassembler toutes les forces vives de ce continent, en respectant le caractère original de chaque région, mais en retrouvant dans ses racines un esprit commun. Les pays membres de votre Conseil ont conscience de n'être pas toute l'Europe ; en exprimant le vœu ardent de voir s'intensifier la coopération, déjà ébauchée, avec les autres nations, particulièrement du Centre et de l'Est, j'ai le sentiment de rejoindre le désir de millions d'hommes et de femmes qui se savent liés dans une histoire commune et qui espèrent un destin d'unité et de solidarité à la mesure de ce continent.
Pendant des siècles, l'Europe a joué un rôle considérable dans les autres parties du monde. On doit admettre qu'elle n'a pas toujours mis le meilleur d'elle-même dans sa rencontre avec les autres civilisations, mais personne ne peut contester qu'elle a fait partager heureusement beaucoup des valeurs qu'elle avait longuement mûries. Ses fils ont eu une part essentielle dans la diffusion du message chrétien. Si l'Europe désire jouer aujourd'hui son rôle, elle doit, dans l'unité, fonder clairement son action sur ce qu'il y a de plus humain et de plus généreux dans son héritage. (...)
En venant aujourd'hui devant la première Assemblée parlementaire internationale constituée dans le monde, j'ai conscience de m'adresser aux représentants qualifiés de peuples qui, dans la fidélité à leurs sources vives, ont voulu se rejoindre pour affermir leur unité et pour s'ouvrir aux autres nations de tous les continents, dans le respect de la vérité de l'homme. Je peux témoigner de la disponibilité des chrétiens à prendre une part active aux tâches de vos institutions. Je souhaite à votre Conseil de travailler avec fruit afin de rendre toujours plus vivante et généreuse l'âme de l'Europe.