lundi 25 mai 2020


3e jour : le don de conseil - Approfondir les dons de l'Esprit-Saint

Prières quotidiennes
Chant à l'Esprit-Saint : 
Esprit-Saint, rosée de tendresse, descends sur nous, mets en nous Ta vie. (p.27, carnet de chants)

Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.

dimanche 24 mai 2020

2e jour : le don de l'intelligence - Approfondir les dons de l'Esprit-Saint

Prières quotidiennes
Chant à l'Esprit-Saint : 
Comme un souffle fragile, Ta Parole se donne ; comme un vase d’argile, Ton amour nous façonne.
(p.25, carnet de chants)
L’Intelligence : intel (de l’intérieur) ligence (lire, comprendre), est un don par lequel nous est facilitée, autant qu’il est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit. 
C’est comprendre les choses, les événements et surtout les personnes, de l’intérieur, c’est à dire avec le cœur.L’extérieur compte bien sûr, l’histoire est tellement importante, mais cela ne suffit pas. Pour bien comprendre quelqu’un et soi-même, il faut comprendre de l’intérieur, avec le cœur. Nous avons besoin d’aborder les choses et les personnes de l’extérieur avec notre intelligence et par observation, mais il nous est possible d’aller plus loin, de nous recueillir, et d’accueillir le don de Dieu pour mieux voir les choses et les personnes de l’intérieur, et les regarder avec le cœur.
L’Esprit-Saint ne nous rend pas savant mais intelligent. Recevoir ce don d’intelligence c’est pouvoir nager comme un poisson dans l’eau, dans la foi, dans le catéchisme. Ce don de l'Esprit-Saint fait entrer l'âme dans une voie supérieure à celle où elle s'est exercée jusqu'alors. La bonté du divin Esprit réserve à l’âme encore d'autres faveurs. Il a résolu de la faire jouir dès ce monde d'un avant-goût de la félicité qu'Il lui réserve dans l'autre vie. Ce sera le moyen d'affermir sa marche, d'animer son courage et de récompenser ses efforts. La voie de la contemplation lui sera donc désormais ouverte, et le divin Esprit l'y introduira au moyen de l'Intelligence.
C’est un don pour la contemplation. A ce mot de contemplation, plusieurs personnes s'inquiéteront peut-être, persuadées à tort que l'élément qu'il signifie ne saurait se rencontrer que dans les conditions rares d'une vie passée dans la retraite et loin du commerce des hommes. C'est une grave et dangereuse erreur, et qui arrête trop souvent l'essor des âmes.
La contemplation est l'état auquel est appelée, dans une certaine mesure, toute âme qui cherche Dieu. Elle est simplement cette relation plus intime qui s'établit entre Dieu et l'âme qui lui est fidèle dans l'action ; à cette âme, si elle n'y met obstacle, est réservé le don d'Intelligence qui consiste dans l'illumination de l'esprit éclairé désormais d'une lumière supérieure. Cette lumière n'enlève pas la foi, mais elle éclaircit l'œil de l'âme en la fortifiant, et lui donne une vue plus étendue sur les choses divines.
Un ensemble d'analogies, de convenances, qui se montrent successivement à l'œil de l'esprit, apportent une certitude pleine de douceur. L'âme se dilate à ces clartés qui enrichissent la foi, accroissent l'espérance et développent l'amour. Tout lui semble nouveau ; et quand elle regarde derrière elle, elle compare et voit clairement que la vérité, toujours la même, est maintenant saisie par elle d'une manière incomparablement plus complète.
Le récit des Evangiles l'impressionne davantage ; elle trouve une saveur inconnue pour elle jusqu'alors dans les paroles du Sauveur. Elle comprend mieux le but qu'Il s'est proposé dans l'institution de Ses sacrements. La sainte liturgie l'émeut par ses formules si augustes et ses rites si profonds.
Quelquefois même le divin Esprit l'instruit par une parole intérieure que son âme entend, et qui éclaire sa situation d'un nouveau jour. Désormais le monde et ses vaines erreurs sont appréciés par elle pour ce qu'ils sont, et l'âme se purifie du reste d'attache et de complaisance qu'elle pouvait encore conserver pour eux.
Le don d'Intelligence répand aussi dans l'âme la connaissance de sa propre voie. Il lui fait comprendre combien ont été sages et miséricordieux les desseins d'en haut qui l'ont parfois brisée et transportée là où elle ne comptait pas aller. Elle voit que si elle avait été maîtresse de disposer elle-même de son existence, elle aurait manqué son but, et que Dieu l'a fait arriver, en lui cachant d'abord les desseins de Sa paternelle Sagesse. Maintenant elle est heureuse, car elle jouit de la paix, et son cœur n'a pas assez d'actions de grâces pour remercier Dieu qui l'a conduite au terme sans la consulter. S'il arrive qu'elle soit appelée à donner des conseils, à exercer une direction par devoir ou par le motif de la charité, on peut se confier en elle ; le don d'Intelligence l'éclaire pour les autres comme pour elle-même. Elle ne s'ingère pas cependant à poursuivre de ses leçons ceux qui ne les lui demandent pas ; mais si elle est interrogée, elle répond, et ses réponses sont lumineuses comme le flambeau qui l'éclaire.
Dans une vie occupée et remplie par des devoirs, au sein même de distractions obligées auxquelles l'âme se prête sans s'y livrer, cette âme fidèle peut se conserver recueillie. Qu'elle soit donc simple, qu'elle soit petite à ses propres yeux, et ce que Dieu cache aux superbes et révèle aux petits (Lc 10,21) lui sera manifesté et demeurera en elle.
C'est dans l'intelligence, il est vrai, que se répand la lumière divine qui est l'objet de ce don ; mais son effusion provient surtout de la volonté échauffée du feu de la charité, selon la parole d'Isaïe : « Croyez, et vous aurez l'intelligence » (Is 6,9).
L’obstacle : c’est d’être superficiel. Il n’est pas intelligent celui qui est toujours agité, qui va au plus pressé. C’est l’activisme, l’agitation, le manque de réflexion. Ne pas rester au seuil de notre âme, à la surface. Ne pas être des TGV qui ne réfléchissent pas. Importance du silence dans notre vie, de nous poser, de souffler, de voir où nous allons et d’où nous venons. Par l’intelligence, l’homme intérieur grandit.
Tel est le don d'Intelligence, véritable illumination de l'âme chrétienne, et qui se fait sentir à elle en proportion de sa fidélité à user des autres dons. Celui-ci se conserve par l'humilité, la modération des désirs et le recueillement intérieur. Une conduite dissipée en arrêterait le développement et pourrait même l'étouffer. Nous l'atteindrons plus sûrement par l'élan de notre cœur que par l'effort de notre esprit.
Moyen pour entrer dans cette intelligence : c’est un proverbe de l’Ecole Française, que saint Vincent de Paul et d’autres ont beaucoup utilisé : « une nuit, une messe ». Cela veut dire « une nuit » : laissons passer un peu de temps, on verra mieux l’essentiel. Un peu de patience même s’il y a urgence. Et « une messe » : nous confions cette situation complètement à Dieu, la remettant dans son grand Vouloir, qui est le salut de tous. Après, on donnera un avis et on prendra une décision avec le regard de Dieu. Cela peut avoir beaucoup de conséquences. Finalement, la décision prise est assez éloignée de notre première réaction ; l’Esprit-Saint nous a rendus plus intelligents.
L’Esprit d'intelligence, se rapporte à la sixième béatitude : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu » (Mt 5,8). Si le regard de l'esprit n'est point purifié avec soin, l'âme ne peut comprendre nettement, les choses divines et mystiques. Il est écrit, en effet : « L'Esprit-Saint de la discipline fuira la fiction et se dérobera aux pensées qui sont sans intelligence » (Sg I,5). C'est pourquoi Salomon a dit : « Les pensées mauvaises sont une abomination pour le Seigneur. Car les idées perverses séparent de Dieu  » (Sg I,3). L'homme qui veut avoir une intelligence pure et lucide, doit donc s'appliquer à écarter les fantômes et les brouillards des mauvaises pensées, et à conserver son cœur en toute diligence et précaution. Aussi le même Salomon a-t-il écrit : « Gardez votre cœur avec toute l'attention possible, parce que c'est de lui que procède la vie » (Pr 4,13).
Nul doute qu'un tel don ne soit d'un secours immense pour le salut et la sanctification de l'âme. Nous devons donc l'implorer du divin Esprit avec toute l'ardeur de nos désirs, en demeurant convaincus que nous l'atteindrons plus sûrement par l'élan de notre cœur que par l'effort de notre esprit.
Adressons-nous à l'Esprit-Saint, en nous servant des paroles de David, disons-Lui : « Ouvrez nos yeux, et nous contemplerons les merveilles de Vos préceptes ; donnez-nous l'intelligence, et nous aurons la vie ».

Découvrez en 6 minutes la Mission de l'Immaculée fondée par notre frère Maximilien Kolbe.
Plus d'informations sur le site : http://www.immaculee.org/

Septième allégresse de Marie : l'Assomption de Marie

Le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit, et l'arche de l'Alliance du Seigneur apparut dans son Temple. Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l'enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un énorme dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chaque tête un diadème. Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel, et les précipita sur la terre. Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer. L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s'enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place. Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante, qui proclamait : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ !

La figure franciscaine du jour : Saint Maximilien Kolbe

Le frère Maximilien Marie Kolbe fait indéniablement partie de ceux qui ont le plus médité cette parole de Marie donnée à Lourdes : “Je suis l'Immaculée Conception”. La vision de la Vierge, dont il bénéficie à l'âge de 11 ans, a déterminé la suite de sa vie : il sera prêtre et chevalier de l'Immaculée. Arrêté par la Gestapo et déporté, il donna sa vie à la place d'un père de famille condamné à mort. Il meurt en martyr en août 1941 dans le camp d'Auschwitz.

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Saint Maximilien affirme que Marie continue à exercer son autorité auprès de son Fils au Ciel. En fait son amour et sa confiance sont si purs et si parfaits que sa volonté rejoint la Volonté de Dieu, que ce qu'elle Lui demande, l'oblige, le contraint. Il voulait donner ce même pouvoir à Adam et Ève, mais ceux-ci ont cédé au doute et ont cherché à conquérir ce pouvoir par convoitise, par rivalité : c'est le péché originel. 
Dans l'Évangile, Dieu nous invite à « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira la porte » (Mt 7,7).  Marie a pleinement accompli cela à Cana en signalant à Jésus "Ils n'ont plus de vin", ce dernier lui répondit "Que me veux-tu, femme?"  (Jean 2,4).
Par son Assomption, Marie continue d'intercéder pour nous dans l'Éternité. Parce que notre amour n'est pas aussi pur mais habité par l'égoïsme et notre confiance pas aussi totale, Maximilien nous invite faire nos demandes par la Vierge Marie afin qu'elle les purifie et que sa confiance totale oblige son Fils. « Il est tout à fait vrai que nos actes, même les plus saints, ne sont pas sans défauts, et si nous voulons les offrir à Jésus purs et sans tache, nous devons les adresser directement et seulement à l'Immaculée, et les lui donner en propriété afin qu'elle les offre à son Fils comme si c'étaient les siens. Alors nos actes deviendront purs, immaculés ».
Fr. Benoît Cousin, frère mineur conventuel
En ce dernier jour de notre pèlerinage spirituel à Lourdes, nous te confions Seigneur toutes celles et ceux de notre entourage qui ne te connaissent pas encore. Que par l'intercession de Marie, ils soient capables eux aussi de s'engager pleinement sur le chemin du salut. 

Prions ensemble Marie

« Ô Immaculée, Reine du Ciel et de la terre, je ne me sens pas digne de m'approcher de Vous, de me prosterner devant Vous la face contre terre, mais puisque je Vous aime tant, j'ose Vous supplier d'avoir la bonté de bien vouloir me dire qui Vous êtes. Je désire, en effet, Vous connaître toujours davantage, sans limites, et Vous aimer de façon toujours plus ardente, avec une ferveur sans bornes. Je voudrais pouvoir ensuite révéler à d'autres âmes qui Vous êtes, afin que, de plus en plus nombreuses, ces âmes Vous connaissent toujours plus parfaitement et vous aiment plus ardemment, jusqu'à ce que Vous deveniez la Reine de tous les cœurs. Quand donc les habitants de la terre Vous reconnaîtront-ils tous pour leur Mère et le Père céleste pour leur Père, quand donc ainsi se sentiront-ils finalement tous frères ? » Ainsi soit-il. 

samedi 23 mai 2020

Sixième allégresse de Marie : la Résurrection

Arrêtons nous un instant et imaginons la joie de Marie lorsque les siens lui annoncent avoir "vu le Seigneur" sortir vivant de la mort par sa Résurrection.
Après le sabbat, à l'heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre ; l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. ...] L'ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d'entre les morts, et voici qu'il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j'avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d'une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Évangile selon saint Matthieu 28, 1-8

La figure franciscaine du jour : Bienheureuse Marie de la Passion

L'une des intuitions d'Hélène de Chappotin (1839-1904), en religion sœur Marie de la Passion, fut d'affirmer le rôle spécifique et irremplaçable des femmes dans l'activité apostolique de l'Église, la Vierge Marie leur inspirant leur disponibilité missionnaire. Marie de la Passion regarde Marie et, avec Elle, comprend sa voie. Elle fonde la congrégation deFranciscaines Missionnaires de Marie. 
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Les mots en italiques sont les mots mêmes employés par Marie de la Passion.
Marie, je te regarde, tu es simple, pauvre, bien pure, bien petiteC'est Dieu qui laisse tomber un rayon de lui-même en toiet tu es belle, de la beauté de Dieu ! Tu n'as pas fait de grandes choses, mais simplement, unie à ton peuple, tu désirais ardemment que Dieu vienne, selon Sa promesse.
Tu appelais le Sauveurtu aurais voulu l'arracher du Cœur de Dieu. Et la Trinité s'est penchée vers toi. Et tu as ouvert tout ton être, tu as fait toute la place pour Lui en toi. Simplement, tu as répondu : ‘-ecce-, voici, je suis la petite servante du Seigneur, -fiat- qu'il me soit fait selon ce que Tu as dit'. L'Esprit-Saint t'a couverte de son ombre, et voici le mystère joyeux : tu as reçu l'Amour en ta demeure, l'Amour Vrai, Celui qui serait livré aux mains des pécheurs ; tu L'as porté, nourri. Cette maison de Nazareth me dit tant de choses… 
Simplement, tu ne pouvais retenir pour toi l'Amour, tu as donné Jésus au monde. Sur les routes encore, tu y suis Jésus, tu y es avec Jésus, Amour rejeté, méconnu, crucifié. Pauvreté de Marie passionnée pour Jésus ! Tu communies à Lui, à Son offrande : ‘non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux'. Alors, au pied de la Croix ton cœur a été percé avec le Sien, et du côté ouvert de Jésus est née l'Eglise, si belle et pourtant si défigurée parfois.
Marie, l'Amour m'invite à prier avec toi pour l'Eglise et pour le monde. Je voudrais partager la soif qui t'a faite Mère des âmes, Mère de Jésus dans les âmes. Apprends-nous à porter le Trésor, à présenter l'Évangile à la terre pour l'enfanter à Dieu ! 

1er jour : le don de la Sagesse - Approfondir les dons de l'Esprit-Saint

Prières quotidiennes
Chant à l'Esprit-Saint : 
Je veux Te louer ô Paraclet ! 
ou : Saint Esprit viens et remplis ma vie. (P.28, carnet de chants)
La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.
C’est la capacité de goûter les choses de Dieu.Le mot « sagesse » est à prendre dans son sens étymologique : « sapere » c’est trouver du goût, savoir apprécier (une bonne table, un beau paysage, une œuvre d’art…) Celui qui reçoit peu à peu ce don de sagesse trouve du goût et de la saveur à lire par exemple une page d’Evangile, à se recueillir quelques instants dans une église, ou chez lui, et même durant un transport en commun. Pour tout résumer, c’est prendre le temps et les moyens d’apprécier les choses de Dieu qui viennent de Dieu ou me renvoient à Dieu. Le Saint Esprit nous fait goûter les choses de Dieu qui nous font du bien. Quand on va trop vite d’une chose à l’autre, on risque bien de passer à côté de cette Sagesse. Ainsi quand vous entrez dans une chapelle, prenez le temps de déposer sur l’autel vos craintes, vos inquiétudes. Vous avez la tête pleine de bruit : asseyez-vous et fermez les yeux quelques instants pour déposer vos soucis. Puis rappelez-vous et goûtez par exemple votre dernière communion, votre dernière confession, votre dernier temps fort avec Dieu. Ou bien reprenez un passage d’Evangile, un refrain, une parole ou un geste, qui vous ont marqué : GOUTEZ. Cela compensera bien des laideurs, bien des fatigues. Goûtez le positif, car il est toujours chemin vers Dieu.
L’esprit de Sagesse, c'est donc une saveur intérieure et un goût très suave. Aussi le Psalmiste en parle-t-il ainsi : « Goûtez et voyez que le Seigneur est doux » (Ps 33,9).  Et ailleurs « Livrez-vous au loisir et voyez » (Ps 14,11).  Et encore : « Approchez-vous de lui, et soyez illuminés » (Ps 36,6). Par ce goût extérieur de la sagesse divine, nous savourons à l'avance, quelque chose des réalités divines, nous contemplons combien il est agréable d’être au milieu des chœurs des anges, où rien ne pourra se trouver de déplaisant, où rien ne pourra manquer de ce qui peut plaire. Cette grâce se rapporte à cette béatitude véritable, dont le Seigneur a dit : « Bienheureux ceux qui sont pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu » (Mt 5,9). Effectivement, ceux qui ont l'esprit calme et serein, goûtent plus doucement et voient plus clairement. Car, plus un homme est sage, plus il se montre sage. D'où cette parole de Salomon : « La doctrine de l'homme se reconnaît à la patience. »Ailleurs, il est dit de ceux qui sont dans ce cas : « une grande paix est réservée à ceux qui aiment votre loi, et il n'y a pas de scandale pour eux » (Ps 98,165) 
La Sagesse révèle à l'âme la saveur de Dieu.C'est Lui qui nous a envoyé l'Esprit pour nous sanctifier et nous ramener à Lui, en sorte que l'opération la plus élevée de ce divin Esprit est de procurer notre union avec celui qui, étant Dieu, s'est fait chair et s'est rendu pour nous obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix (Ph 2,8).
Par les mystères accomplis dans son humanité, Jésus nous a fait pénétrer jusqu'à sa divinité ; par la foi éclairée de l'Intelligence surnaturelle, « nous voyons sa gloire qui est celle du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité » ( Jn 1,14) ; et de même qu'Il s'est fait participant de notre humble nature humaine, Il se donne dès ce monde à goûter, Lui Sagesse incréée, à cette Sagesse créée que l'Esprit-Saint forme en nous comme le plus sublime de Ses dons.
Heureux donc celui en qui règne cette précieuse Sagesse qui révèle à l'âme la saveur de Dieu et de ce qui est de Dieu ! « L'homme animal, nous dit l'Apôtre, est privé de ce goût qui perçoit ce qui vient de l'Esprit de Dieu » (1 Co 2,14).
Toute la vie en est comme assainie, ainsi qu'il arrive à ceux qui font usage d'aliments qui leur conviennent. Il n'y a plus de contradiction entre Dieu et l'âme, et c'est pour cette raison que l'union est rendue facile : « Où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté », dit l'Apôtre (2 Co 3,17). Tout devient aisé pour l'âme, sous l'action de l'Esprit de Sagesse. Les choses dures à la nature, loin d'étonner, semblent douces, et le cœur ne s'effraie plus autant de la souffrance.
Non seulement on peut dire que Dieu n'est pas loin d'une âme que l'Esprit-Saint a mise dans cette disposition ; mais en outre, il est visible qu'elle Lui est unie. Qu'elle veille cependant sur l'humilité ; car l'orgueil peut encore monter jusqu'à elle, et sa chute serait d'autant plus profonde que son élévation est plus grande.

L’obstacle à ce don de Sagesse, c’est de vivre habituellement dans le péché.
Car, à long terme, un des effets pernicieux du péché c’est de tout durcir : la tête ; le cœur, l’âme, le tempérament. Les anciens appelaient cela la « cardio-sclérose » : on devient de mauvaise humeur, agressif, mécontent. Et les autres doivent tout supporter. Le péché insensibilise, anesthésie aux choses de Dieu. Tandis que la sagesse, elle, adoucit et transforme les cœurs de pierre en cœurs de chair. L’Esprit-Saint imprègne, dit la liturgie, telle une onction, telle une rosée. « Apprenez de Moi, dit jésus, que Je suis doux… » L'homme moins grossier, mais livré à l'esprit du monde, est également impuissant à comprendre ce qui fait l'objet du don de Sagesse et ce que révèle le don d'Intelligence. Il juge ceux qui ont reçu ces dons, et il les blâme ; heureux s'il ne les traverse pas, s'il ne les poursuit pas ! Jésus nous le dit expressément : « Le monde ne peut recevoir l'Esprit de Vérité, parce qu'il ne le voit pas ; et ne le connaît pas » (Jn 14,17).

Un moyen pour recevoir ce don : cultiver des instants de recueillement. 
Nous avons tous beaucoup à faire. Mais pour faire bien tout ce qui est à faire, il faut savoir fermer les yeux ; il faut savoir s’asseoir entre deux activités, et se remettre en Présence de Celui qui nous habite. Alors on apprend à goûter l’instant présent, la personne qui est là, la démarche qui reste à faire. Et en y allant, vous goûtez la lumière du soleil ; la douceur des collines, un travail bien fait : En toutes circonstances vous apprenez à goûtez les choses de Dieu.
Pour jouir de ce don, il faut devenir spirituel, se prêter docilement au désir de l'Esprit. Ainsi il arrive qu’après avoir été esclaves de la vie charnelle, nous soyons affranchis par la docilité à l'égard de l'Esprit divin qui nous a cherchés et qui nous a retrouvés.
Que ceux-là donc qui ont le bonheur de désirer le bien suprême, sachent qu'il leur faut être entièrement dégagés de l'esprit profane qui est l'ennemi personnel de l'Esprit de Dieu. Affranchis de sa chaîne, ils pourront s'élever jusqu'à la Sagesse. Le propre de ce don est de procurer une grande vigueur à l'âme et de fortifier ses puissances.
Insistons auprès du divin Esprit, et prions-Le de ne pas nous refuser cette précieuse Sagesse qui nous conduira à Jésus, la Sagesse infinie. Un sage de l'ancienne loi aspirait déjà à cette faveur, quand il écrivait ces paroles dont le chrétien seul a l'intelligence parfaite : « J'ai désiré, disait-il, et l'Intelligence m'a été donnée ; j'ai prié, et l'Esprit de Sagesse est venu en moi » (Sg 7,7).
Dans la nouvelle Alliance, l'Apôtre saint Jacques nous y invite par ses exhortations les plus pressantes : « Si quelqu'un de vous, dit-il, veut avoir la Sagesse, qu'il la demande à Dieu qui donne à tous avec tant de largesse et qui ne reproche pas Ses dons ; qu'il demande avec foi, et qu'il n'hésite pas » (Jc I,5).

vendredi 22 mai 2020

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,23b-28.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. 
En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. 
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, 
car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. 
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. » 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Bulle
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)
prêtre, curé d'Ars
Catéchisme sur la prière (in L'esprit du curé d'Ars dans ses catéchismes, d'A. Monnin, 1906, 105-108; cf Livre des jours – Office romain des lectures ; Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame ; © AELF Paris 1976; 4 août)

« Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en invoquant mon nom. Demandez et vous recevrez ; ainsi vous serez comblés de joie. »
Voyez, mes enfants : le trésor d'un chrétien n'est pas sur la terre, il est dans le ciel (Mt 6,20). Eh bien ! notre pensée doit aller où est notre trésor. L'homme a une belle fonction, celle de prier et d'aimer. Vous priez, vous aimez : voilà le bonheur de l'homme sur la terre.
La prière n'est autre chose qu'une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l'âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C'est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C'est un bonheur qu'on ne peut pas comprendre. Nous avions mérité de ne pas prier ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu'il reçoit avec un extrême plaisir.
Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l'élargit et le rend capable d'aimer Dieu. La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C'est un miel qui descend dans l'âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.