lundi 10 août 2015

L'évangile du jour fait écho à l'homélie prononcée par Mgr Marchand lors de la messe des funérailles de Marthe Robin en février 1981 :
Jn 12, 24-26
Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit.
« Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. »
Mgr Didier-Léon Marchand, Homélie à la messe des funérailles de Marthe, jeudi 12 février 1981
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jeudi 6 août 2015

La force de l'humilité


La force de l'humilité
 Par Paul Calzada   116 commentaires  
       
 


"Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture ; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques." Marc 6.7-13
Au travers de ce verset de l'évangile de Marc, nous voyons de quelle manière Jésus engage ses disciples à entrer dans le service, et quels sont les moyens mis à leur disposition.

Les moyens avec lesquels nous sommes appelés à servir sont modestes. Ils symbolisent le revêtement d'humilité qui doit nous caractériser.
Le service dans lequel les disciples vont entrer, est caractérisé par un équipement minimum : un bâton, une ceinture et des sandales. Les moyens sont modestes, ils rappellent que l'œuvre de Dieu s'accomplit au travers de serviteurs humbles et apparemment démunis.

Les moyens avec lesquels nous sommes appelés à servir sont modestes. Ils symbolisent le revêtement d'humilité qui doit nous caractériser. Ils n'impressionnent pas, ils n'imposent pas la terreur : "Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses" 2 Corinthiens 10.4

Ce n'est qu'avec un bâton dans ses mains, que Moïse fit sortir Israël du pays d'Egypte où il était retenu en esclavage. 

Lorsque David a affronté le géant Goliath, ce dernier s'est moqué de David en lui disant : "Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons ?" 1 Samuel 17.43 

Cependant, même équipé modestement, David a défait son adversaire. David connaissait l'efficacité du bâton de berger. Il le rappelle dans le merveilleuxPsaume 23 : "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : Ta houlette et ton bâton me rassurent" Psaumes 23.4. Le bâton du divin berger est largement suffisant pour mettre en fuite notre adversaire, le lion rugissant.

L'apôtre Paul nous parle de cette ceinture qui fait partie de l'équipement des soldats du Seigneur : La ceinture de la vérité. "Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture" Ephésiens 6.14. Dieu est toujours du côté de ceux qui marchent dans la vérité. Nous pouvons être appelés à souffrir à cause de la vérité, mais au final, Dieu sera toujours là pour nous rendre justice. Les sandales nous permettent de marcher sur les cailloux du chemin, et en toute sécurité. "Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi ; et rien ne pourra vous nuire." Luc 10.19

Voilà l'équipement modeste, mais combien suffisant pour accomplir l'œuvre du Seigneur !

Un conseil pour aujourd'hui
Revêtez-vous d'humilité et la puissance de Dieu s'accomplira dans votre faiblesse. (Lisez 1 Corinthiens 1.25-31).
 

mardi 4 août 2015

En cette fête de St Jean-Marie Vianney, 
prions pour tous les prêtres 
et pour tous ceux qui sont appelés par le Seigneur au sacerdoce...
Prière de Mgr Guy Bagnard à « Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d'Ars » :
« Saint Curé d'Ars, tu as fait de ta vie une offrande sans partage à Dieu pour le service des hommes ; que l'Esprit-Saint, par ton intercession, nous conduise aujourd'hui à répondre, sans défaillance, à notre vocation personnelle. Tu as été un adorateur assidu du Christ au tabernacle. Apprends-nous à nous approcher avec foi et respect de l'Eucharistie, à goûter la présence silencieuse dans le Saint-Sacrement. Tu as été l'ami des pécheurs. Tu leur disais : « Vos fautes sont comme un grain de sable en comparaison de la grande montagne de la miséricorde de Dieu ». Dénoue les liens de la peur qui nous retiennent parfois loin du pardon de Dieu ; augmente en nous le repentir de nos fautes. Découvre-nous le vrai visage du Père qui attend inlassablement le retour du fils prodigue. Tu as été le soutien des pauvres : « Mon secret est bien simple, c'est de tout donner et de ne rien garder ». Apprends-nous à partager avec ceux qui sont dans le besoin ; rends-nous libres vis-à-vis de l'argent et de toutes les fausses richesses. Tu as été un fils aimant de la Vierge Marie, « ta plus vieille affection ». Apprends-nous à nous tourner vers elle avec la simplicité et la confiance de l'enfant. Tu es devenu le témoin exemplaire des Curés de l'univers. Que ta charité pastorale conduise les pasteurs à rechercher la proximité avec tous sans acception des personnes ; donne-leur l'amour de l'Église, l'élan apostolique, la solidité dans les épreuves. Inspire aux jeunes la grandeur du ministère sacerdotal et la joie de répondre à l'appel du Bon Berger. Saint Curé d'Ars, sois notre intercesseur auprès de Dieu. Obtiens-nous ce que nous te demandons (préciser ici telle demande particulière), toi le pasteur humble et fidèle, infatigable dans le service de Dieu et des hommes. Amen. »
Monseigneur Guy-Marie Bagnard - Évêque émérite de Belley-Ars

 (cf Rm 13,12), le Fils de Dieu viendra près de nous, en marchant sur les vagues, pour adoucir pour nous la mer. 

lundi 3 août 2015

« Je vais la conduire au désert et là je parlerai à son cœur » (Os 2,16)


Matthieu donne plus d'explications [que Marc] sur la manière dont Jésus a eu pitié de la foule, quand il dit : « Il en eut pitié, et il guérit leurs infirmes. » Car avoir pitié des pauvres et de ceux qui n'ont pas de berger, c'est précisément leur ouvrir le chemin de la vérité en les instruisant, c'est faire disparaître leurs infirmités physiques en les soignant, mais c'est aussi les nourrir quand ils ont faim et les encourager ainsi à louer la générosité de Dieu. C'est ce que Jésus a fait…

dimanche 2 août 2015

Le respect du mystère

Le respect du mystère
En notre époque qui se lasse vite de tout, n’avons-nous pas à redécouvrir sans cesse un émerveillement devant le mystère de l’eucharistie ? Nous émerveiller à chaque messe, devant chaque tabernacle, et pourquoi pas même à la vue de chaque clocher, comme le saint Curé d’Ars y invitait : « À la vue d’un clocher, vous pouvez dire : Qu’est-ce qu’il y a là ? Le corps de Notre-Seigneur. ­Pourquoi y est-il ? Parce qu’un prêtre a passé là et a dit la sainte messe ! » L’émerveillement devant l’eucharistie est donc aussi néces­sairement un émerveillement devant le ­mystère du prêtre, appelant à une prière ­fervente pour les vocations sacerdotales.
 

samedi 1 août 2015

" Le Christ ne te vend pas d’illusions " - Discours rédigé par le PAPE FRANÇOIS pour les jeunes du Paraguay


" Le Christ ne te vend pas d’illusions " - 
Discours rédigé par le PAPE FRANÇOIS pour les jeunes du Paraguay
Ce discours n’a pas été prononcé, le pape ayant préféré un de ces dialogues dont il a le secret avec la foule de centaines de milliers de jeunes rassemblés à Costanera sur la rive du fleuve Paraguay. [Asuncion, Paraguay, dimanche 12 juillet]
Chers jeunes,
C’est pour moi une grande joie de pouvoir vous rencontrer, dans ce climat de fête. Pouvoir écouter vos témoignages et partager votre enthousiasme ainsi que l’amour de Jésus. Merci à Mgr Ricardo Valenzuela, responsable de la pastorale juvénile, pour ses paroles. Merci à Manuel et à Liz pour le courage de partager vos vies, vos témoignages au cours de cette rencontre. Il n’est pas facile de parler de choses personnelles et encore moins devant tant de gens. Vous avez partagé le plus grand trésor que vous ayez, vos histoires, vos vies et comment Jésus s’est emparé de vous.
Pour répondre à vos questions j’aimerais mettre en relief certaines choses que vous avez partagées.
Manuel, tu nous disais quelque chose comme ceci : aujourd’hui je suis rempli du désir de servir les autres, je veux me surpasser. Tu as connu des moments très difficiles, des situations très douloureuses, mais aujourd’hui tu as une grande envie de servir, de sortir, de partager ta vie avec les autres.
Liz, il n’est pas du tout facile d’être mère de ses propres parents et encore moins quand on est jeune, mais quelle sagesse et quelle maturité expriment tes paroles quand tu nous disais : aujourd’hui je joue avec elle, je change les langes, ce sont toutes des choses qu’aujourd’hui je confie à Dieu et je suis en train de compenser à peine tout ce que ma mère a fait pour moi.
Vous, jeunes paraguayens, il est clair que vous êtes courageux.
Vous avez partagé aussi comment vous avez fait pour vous en sortir, indiquant où vous avez trouvé des forces. Vous deux, vous avez dit : dans la paroisse ; chez les amis de la paroisse et dans les retraites spirituelles qui y étaient organisées. Deux clés très importantes : les amis et les retraites spirituelles.
Les amis - L’amitié compte parmi les plus grands cadeaux qu’une personne, qu’un jeune puisse recevoir et offrir. C’est vrai. Qu’il est difficile de vivre sans amis. Voyez, ceci figure parmi les plus belles choses que Jésus aura dites : Je vous appelle mes amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître [Jean 15, 15]. L’un des secrets les plus grands du chrétien réside dans le fait d’être ami, d’être des amis de Jésus. Quand on aime quelqu’un, on est à ses côtés, on le soigne, on l’aide, on lui dit ce qu’on pense, oui, mais on ne l’abandonne jamais. Ainsi est Jésus avec nous, il ne nous abandonne jamais. Les amis se supportent, s’accompagnent, se protègent. Ainsi est le Seigneur avec nous. Il nous supporte.
Les retraites spirituelles - Saint Ignace a fait une méditation fameuse appelée des deux drapeaux. Il décrit d’un côté, le drapeau du démon et de l’autre, le drapeau du Christ. Ce serait comme les maillots de deux équipes et il nous demande dans quelle équipe nous aimerions jouer.
A travers cette méditation, il nous fait imaginer, comment ce serait d’appartenir à l’une ou l’autre équipe. Ce serait comme de se demander : avec qui veux-tu jouer dans la vie ?
Et saint Ignace dit que le démon pour recruter des joueurs, promet à ceux qui joueront avec lui richesse, honneurs, gloire, pouvoir. Ils seront célèbres. Ils seront tous exaltés comme des dieux.
De l’autre côté, il nous présente le procédé de Jésus. Rien de fantastique. Jésus ne nous promet pas les étoiles, il ne nous promet pas d’être célèbres, au contraire, il nous dit que jouer avec lui, c’est une invitation à l’humilité, à l’amour, au service des autres. Jésus ne nous ment pas. Il nous prend au sérieux.
Dans la Bible, le démon est appelé le père du mensonge. Celui qui promettait, ou plutôt, te faisait croire qu’en faisant certaines choses tu seras heureux. Et après, tu te rends compte, que tu n’étais pas du tout heureux. Et par la suite tu te rends compte que tu courais après quelque chose qui, loin de te procurer le bonheur, t’a fait te sentir plus vide, plus triste. Chers amis : le diable, c’est un vendeur d’illusions. Il te promet, te promet, mais il ne te donne rien, il ne va jamais rien accomplir de ce qu’il dit. Il est un mauvais payeur. Il te fait désirer les choses dont il ne dépend pas de lui que tu les obtiennes ou pas. Il te fait mettre ton espérance en quelque chose qui ne te rendra jamais heureux. C’est cela son procédé, c’est cela sa stratégie. Parler beaucoup, offrir beaucoup et ne rien accomplir. C’est le grand vendeur d’illusions parce que tout ce qu’il nous propose est fruit de division, de comparaison avec les autres, d’écraser les autres pour obtenir les choses. C’est un vendeur d’illusions, parce que, pour atteindre tout cela, l’unique chemin est de laisser de côté tes amis, de ne supporter personne. Car tout est fondé sur l’apparence. Il te fait croire que ta valeur dépend de ce que tu as.
A l’opposé, nous avons Jésus, qui nous offre son procédé. Il ne nous vend pas d’illusions, il ne nous promet pas de choses apparemment grandes. Il ne nous dit pas que le bonheur sera dans la richesse, le pouvoir, l’orgueil. Tout le contraire ! Il nous montre que le chemin est autre. Ce Directeur technique dit à ses joueurs : Bienheureux, heureux les pauvres d’esprit, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les miséricordieux, les purs de cœur, ceux qui travaillent pour la paix, les persécutés pour la justice. Et il termine en leur disant : Réjouissez-vous de tout cela.
Pourquoi ? Parce que Jésus ne nous ment pas. Il nous montre un chemin, qui est vie, qui est vérité. C’est lui-même la grande preuve de cela. C’est son style, sa manière de vivre la vie, l’amitié, la relation avec son Père. Et c’est à cela qu’il nous invite. À nous sentir fils. Des fils aimés.
Lui, il ne te vend pas d’illusions. Car il sait que le bonheur, le vrai, celui qui remplit le cœur, n’est pas dans les habits stylés comme les pilchas que nous portons, dans les chaussures que nous nous mettons, dans l’étiquette d’une marque déterminée. Il sait que le vrai bonheur est d’être sensible, d’apprendre à pleurer avec ceux qui pleurent, d’être proche de ceux qui sont tristes, d’épauler, d’embrasser. Celui qui ne sait pas pleurer, et par conséquent ne sait pas rire, ne sait pas vivre. Jésus sait que dans ce monde de tant de concurrence, d’envie et de tant d’agressivité, le vrai bonheur passe par le fait d’apprendre à être patient, à respecter les autres, à ne pas condamner et à ne juger personne. Celui qui s’énerve, perd, dit le dicton. Ne livrez pas votre cœur à la colère, à la rancune. Heureux les miséricordieux. Heureux ceux qui savent se mettre à la place de l’autre, heureux ceux qui sont capables d’embrasser, de pardonner. Tous, à un moment ou à un autre, nous en avons fait l’expérience. Tous à un moment donné, nous nous sommes sentis pardonnés : que c’est beau ! C’est comme revenir à la vie, c’est avoir une nouvelle opportunité. Il n’y a rien de plus beau que d’avoir de nouvelles opportunités. C’est comme si la vie recommençait. C’est pourquoi, heureux ceux qui sont porteurs d’une nouvelle vie, de nouvelles opportunités. Heureux ceux qui travaillent pour cela, ceux qui luttent pour cela. Des erreurs, des méprises, nous en commettons tous, des milliers.
Voilà pourquoi, heureux ceux qui sont capables d’aider les autres dans leurs erreurs, dans leurs méprises. Qui sont de vrais amis et n’abandonnent personne. Ceux-là sont les purs de cœur, ceux qui réussissent à voir plus loin que le mensonge et qui surmontent les difficultés. Heureux ceux qui voient spécialement ce qui est bon chez les autres.
Liz, tu as nommé Chikitunga, cette servante de Dieu paraguayenne. Tu as dit qu’elle était comme ta sœur, ton amie, ton modèle. Comme tant d’autres, elle nous montre que le chemin des béatitudes est un chemin de plénitude, un chemin possible, réel. Qui remplit le cœur. Ils sont nos amis et nos modèles, eux qui ont déjà fini de jouer sur ce terrain, mais qui deviennent ces joueurs indispensables qu’on regarde toujours pour donner le meilleur de soi-même. Ils sont l’illustration du fait que Jésus n’est pas un vendeur d’illusions, sa proposition donne la plénitude. Mais par-dessus tout, c’est une proposition d’amitié, de vraie amitié, de cette amitié dont nous avons tous besoin. Amis, selon le style de Jésus. Cependant non pour rester entre nous, mais pour aller sur le terrain afin de gagner plus d’amis. Pour diffuser l’amitié de Jésus dans le monde, où que vous soyez, au travail, au bureau, à l’occasion de vos sorties, à travers le whatsApp, le facebook ou le twitter. Quand vous allez à une soirée dansante, ou quand vous prenez une bonne infusion de tereré. Sur la place ou en jouant une petite partie sur le terrain du quartier. C’est ça, être ami de Jésus. Non en vendant des illusions, mais en tenant bon. Tenir bon en sachant que nous sommes heureux, parce que nous avons un Père qui est aux cieux.