vendredi 6 décembre 2013

Benoît XVI, Le sourire de Marie

La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l'abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l'a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d'accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l'esprit » (cf. Jn 19, 30): devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).
 
Marie est aujourd'hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n'effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L'intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l'histoire l'atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du Souvenez-vous exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d'une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l'heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance ; elle les aime tout simplement parce qu'ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix.
Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple ... quêteront ton sourire » (Ps 44, 13).
Ainsi, à l'instigation de la Parole inspirée de l'Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur.
 
Ce sourire de Marie est pour tous ; il s'adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement. Rechercher le sourire de Marie n'est pas le fait d'un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l'expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.
 
Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n'est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L'Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu'elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu'elle devienne la nôtre.
Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire.
 
Ici à Lourdes, au cours de l'apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme "l'Immaculée Conception", Marie lui fit d'abord connaître son sourire, comme étant la porte d'entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère. [...]
 
Le sourire de Marie est une source d'eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d'eau vive jailliront de son cœur» (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d'eau vive qui viennent irriguer l'histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l'humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n'ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s'attachant à elle pour mieux s'attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d'amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s'affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l'éducatrice de l'amour. C'est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l'unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.
 

Homélie, Esplanade du Rosaire, Lourdes,  Lundi 15 septembre 2008

jeudi 5 décembre 2013

Rechercher le sourire de Marie


Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire »(Ps 45, 13).

Ainsi, à l'instigation de la Parole inspirée de l'Écriture, les Chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur.

Ce sourire de Marie est pour tous ; il s'adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement.

Rechercher le sourire de Marie n'est pas le fait d'un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l'expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

 
 
Benoît XVI, Homélie,
Lourdes 2008

Magnificat (Jean Vanier)


Jean Vanier
© Jean Vanier et son ami.
« Dans la mesure où nous nous livrons et donnons à Jésus, il y aura des moments d'aridité et de ténèbres.
 
Un jour, que Jésus semblait se faire proche à nouveau, dans la prière de Sainte Thérèse d'Avila qui, depuis de nombreuses années, était incapable de prier et était torturée par l'angoisse dans la prière, elle se plaignit à Lui : "Comment cela se fait-il que vous m'ayez laissée si longtemps ?" Et Jésus dit : "C'est ainsi que je traite mes amis". Thérèse répondit : "C'est pour cela que vous en avez si peu !"
 
Nous devons être prêts à attendre ; nous devons être prêts à entrer dans le monde de l'angoisse, quelque fois même de l'agonie. Mais ce ne sera qu'une préparation à une nouvelle rencontre plus profonde avec Jésus.
Ayant découvert qu'Il m'aime comme je suis, je peux vraiment me montrer tel que je suis : je n'ai pas à m'inquiéter de ce que les gens pensent de moi.
Je peux très bien comprendre que d'autres personnes ne m'aiment pas, parce que je sais combien je suis pauvre et faible. Je n'ai pas peur de reconnaître et partager avec d'autres mes faiblesses, mes incapacités, mes ignorances. [...]
 
En acceptant notre pauvreté, nous trouvons notre vrai lien avec Jésus et découvrons sa vraie nature. Nous pouvons alors découvrir vraiment notre frère, parce qu'il est, lui aussi, souffrant et faible ; et si je lui montre combien je suis pauvre, il ne sera pas gêné de me montrer combien il est pauvre. Ensemble, nous rendrons grâce à Jésus pour tout ce qu'Il nous a donné parce qu'Il a regardé notre pauvreté. [...]
 
Et tous ensemble, convaincus de notre faiblesse, nous pourrons dire avec Marie :
"Mon âme magnifie le Seigneur".
Nous pourrons nous réjouir ensemble. C'est magnifique ! Mon esprit peut se réjouir en Dieu mon Sauveur. [...]
Il s'est donné Lui-même à nous, les affamés. Nous venons seulement de découvrir que nous avions faim, que nous avions soif. Seuls ceux qui ont soif peuvent boire à Jésus. »
 

Jean Vanier, "Disciple de Jésus", Fleurus, Paris, 1977.
Prière du pèlerin de la montagne.

Seigneur Jésus,
Toi qui as fait un si long déplacement d'auprès du Père
pour venir planter ta tente parmi nous;
Toi qui es né au hasard d'un voyage,
et as couru toutes les routes,
celle de l'exil, ...
celle des pèlerinages,
celle de la prédication:
Tire-moi de mon égoïsme
et de mon confort,
fais de moi un pèlerin.

Seigneur Jésus,
Toi qui as pris si souvent
le chemin de la montagne,
pour trouver le silence,
retrouver le Père;
pour enseigner tes apôtres,
proclamer les béatitudes;
pour offrir ton sacrifice,
envoyer tes apôtres,
et faire retour au Père,
attire-moi vers en haut,
fais de moi un pèlerin de la montagne.

A l'exemple de Saint Bernard,
j'ai à écouter ta parole,
j'ai à me laisser ébranler par ton amour.
Sans cesse tenté de vivre tranquille,
Tu me demandes de risquer ma vie,
comme Abraham, dans un acte de foi.
Sans cesse tenté de m'installer,
Tu me demandes de marcher en espérance
vers Toi le plus haut sommet
dans la gloire du Père.

Créé par amour, pour aimer,
fais, Seigneur, que je marche,
que je monte, par les sommets
vers Toi, avec toute ma vie,
avec tous mes frères,
avec toute la création,
dans l'audace et l'adoration.

Amen
"Dieu nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers "

   

Le Pape François vient de faire un beau cadeau à notre diocèse de Valence en publiant "La joie de l’Evangile", texte qui est le fruit du Synode romain d’octobre 2012 sur la Nouvelle évangélisation.
Par ce long message, il veut trouver les paroles pour encourager une période évangélisatrice plus fervente, joyeuse, généreuse, audacieuse, pleine d’amour profond, et de vie contagieuse.
Cet encouragement est particulièrement pour nous drômois puisqu’en attente d’un évêque, la préparation du synode doit être encore plus intense. C’est le temps de multiplier les équipes synodales pour, grâce au carnet de route et jusqu’à Pâques 2014, faire des propositions pour l’évangélisation aujourd’hui dans la Drôme.
Ce temps de jachère que nous vivons est une occasion formidable pour affuter les socs de charrue et les faucilles afin d’être prêts pour nous mettre à l’ouvrage avec notre nouveau pasteur.
Car, comme l’écrit le Pape François, "Tout le peuple de Dieu annonce l’Evangile… Nous sommes tous des disciples-missionnaires". C’est donc de la responsabilité de chacun, fidèle laïc, diacre ou prêtre, de favoriser pendant les quatre mois qui nous restent une bonne phase préparatoire du synode.
D’elle dépend un bon accueil de notre nouvel évêque, d’elle dépend notre volonté à être disciple-missionnaire, par elle, comme le prophète Isaïe nous le rappelle dans la lecture de ce premier dimanche de l’Avent, "Dieu nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers".

A Valence, le 1er décembre 2013

P. Pierre CHARIGNON
Administrateur diocésain de Valence

mercredi 27 novembre 2013

Récit des apparitions à la rue du Bac


Catherine Labouré est née 1806, à Fain, dans une famille de fermiers. A 24 ans, après l'avoir longtemps espéré, elle entre enfin chez les sœurs de la charité, rue du Bac à Paris, le 21 avril 1830... Après les apparitions qui durent jusqu'en décembre, elle prendra l'habit et ira servir les pauvres dans la maison de Reuilly, dès le 30 janvier 1831.
 
Le 18 juillet 1830, en la veille de la fête de saint Vincent qu'elle aime tant, Catherine recourt à celui dont elle a vu le cœur débordant d'amour pour que son grand désir de voir la Sainte Vierge soit enfin exaucé.
A 11 heures et demie du soir, elle s'entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l'invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend ». Catherine s'habille et suit l'enfant « portant des rayons de clarté partout où il passait. » Arrivée dans la chapelle, Catherine s'arrête près du fauteuil du prêtre placé dans le chœur sous le tableau de sainte Anne (emplacement actuel de la statue de saint Joseph). Elle entend alors « comme le froufrou d'une robe de soie ». Son petit guide dit: « Voici la Sainte Vierge ». Elle hésite à croire. Mais l'enfant répète d'une voix plus forte :« Voici la Sainte Vierge. »
 
Catherine s'élance aux pieds de la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et appuie les mains sur les genoux de la Mère de Dieu.
« Là, il s'est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j'éprouvais. La Sainte Vierge m'a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. »
 
La Sainte Vierge désigne de la main l'autel où repose le tabernacle et dit:
« Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur
 
Catherine reçoit l'annonce d'une mission difficile et la demande de fondation d'une Confrérie d'Enfants de Marie. Cette dernière sera réalisée par le Père Aladel le 2 février 1840.
 

Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle.
Cette fois, c'est à 17 h 30, pendant l'oraison des novices, sous le tableau de saint Joseph (emplacement actuel de la Vierge au globe).
 
- D'abord Catherine voit comme deux tableaux vivants qui passent, en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent.
Dans le 1er tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d'une croix qu'elle élève vers le ciel. Catherine entend:
« Cette boule représente le monde entier,
la France et chaque personne en particulier »
- Dans le 2e tableau, il sort de ses mains ouvertes, dont les doigts portent des anneaux de pierreries, des rayons d'un éclat ravissant. Catherine entend au même instant une voix qui dit :
« Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands
sur les personnes qui me les demandent ».
Puis un ovale se forme autour de l'apparition et Catherine voit s'inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d'or:
« O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous ».
Alors une voix se fait entendre:
« Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle.
Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces ».
- Enfin le tableau se retourne et Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l'initiale de Marie, en bas deux cœurs, l'un couronné d'épines, l'autre transpercé d'un glaive.
 


Au mois de décembre 1830, pendant l'oraison, Catherine entend de nouveau un froufrou, cette fois derrière l'autel.
Le même tableau de la médaille se présente auprès du tabernacle, un peu en arrière.
« Ces rayons sont le symbole des grâces
que la Sainte Vierge obtient aux personnes qui lui demandent...